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Aujourd’hui j’ai envie de te parler de mon voyage à Yharnam, peut être pas  le plus paradisiaque, mais certainement celui qui m’a sorti de ma zone de confort et dont je suis très fier.

« Orgueil et Préjugés »

Tout d’abord, je n’ai jamais pu apprécié la série des Dark Souls à tord de par leurs difficultés relatives et un système de combat qui ne me convenait guère. La notion de « Die and Retry » était bannie de ma vie. Vous comprenez, j’ai une vie moi, je n’ai pas le temps, je travaille en journée, le soir j’ai autre chose à faire que de mourir 50 fois pour avancer dans un niveau avec une ambiance oppressante et stressante. En revanche, mourir 50 fois à Battlefield 4 en ligne et m’énerver sur le netcode pourri ne m’a jamais dérangé pendant mes 300H de « bêta test » de jeu dessus…

« Plus la lumière est vive, plus l’ombre qu’elle produit est intense. »

Mais les bons retours  sur ce jeu ont continué à attirer mon attention. Il faut voir que j’ai toujours apprécié les films et les jeux à l’ambiance gothique avec les films de Tim Burton comme Sleepy Hollow ou la série des Castlevania durant mon enfance. Mais je ne voulais pas passer le cap, au fil des mois je me suis dit à quoi bon prendre un jeu et après le stocker sur l’étagère. Je suis très bien dans mon confort à jouer toujours à la même chose avec  GTA 5 Online et les braquages sur Xbox One  ou Mario kart 8 sur Wii U.

Puis je suis tombé sur des vidéos de personnes qui continuaient à jouer à Bloodborne trois mois après sa sortie. Je suis tombé sur une vidéo de Exserv de GameKult qui commentait sa partie. Il était dans une forêt tout droit sorti des Contes de Grimm et affrontait un bestiaire aussi horrible que magnifique. La direction artistique me faisait vraiment de l’oeil.

« Que dire à la mort quand elle frappe à la porte ? Pas aujourd’hui. »

Dès les premières minutes de jeu, je meurs trois fois. Je n’arrive même pas à passer le premier Loup Garou. Je ne peux rien faire à mains nues contre ses crocs et ses griffes. Je lui fais peu de dégâts et lui me ridiculise à chaque fois et c’est le Game Over. Après réflexion, je me dis que je vais arrêter de faire le guignol et l’affronter directement. Je vais plutôt visiter la maison et voir s’il n’y a pas moyen de le contourner ou bien de trouver une arme. Effectivement, en fouillant bien je trouve une arme et en quelques secondes, je l’élimine avec facilité.

« J’ai échoué encore et encore dans la vie, c’est pourquoi j’ai réussi. »

Dès les premières minutes, j’ai compris que Bloodborne ne me prendrait jamais par la main pour m’expliquer les choses et qu’il fallait que je fasse preuve de bon sens. Apprendre mon environnement, étudier la zone de combat et comprendre comment mettre à défaut mes ennemis et essayer de faire mieux que lors de ma dernière mort. Et surtout ne pas se laisser distraire par l’environnement. En effet, la direction artistique de Bloordborne est assez incroyable.

Je m’arrêtais tout le temps pour contempler l’architecture des châteaux et de la ville. Un vrai dépaysement. J’étais surpris de me dire qu’ à chaque raccourci débloqué  je trouvais le jeu tellement bien pensé et bien construit. Généralement, ces raccourcis se trouvent dans des zones proches du boss pour éviter de refaire tout le chemin si on meurt pendant le combat contre ce dernier.

Pour moi le point fort de Bloodborne c’est tout le panache et le charisme qu’il dégage lorsque l’on trouve enfin son style de combat. J’ai mis du temps à prendre du plaisir à combattre, à comprendre que chaque centimètre et chaque espace comptent.

Il faut apprendre à maîtriser son arme de prédilection. Chaque arme peut se transformer et présente deux modes différents avec lesquels il faudra jongler. Un mode où l’arme à une portée courte permettant de donner des coups rapides et aussi d’utiliser une arme à feu avec l’autre main. Et un autre mode où l’arme s’allonge et demande l’usage des deux mains pour la manier et donner un gain de puissance plus élevé. En revanche avec ce dernier mode vous ne pourrez pas utiliser votre arme à feu. À chaque situation, une approche différente. D’autant plus que vous pourrez insérer des gemmes dans vos armes afin de leur donner des capacités spéciales comme augmenter les dégâts de feu, poison ou foudre.

La mécanique de contre liée aux armes à feu est une excellente idée. Si l’on tire dans le bon timing lorsque l’adversaire va porter son attaque, ce dernier va s’écrouler et on pourra lui asséner une grosse fatalité qui lui enlèvera une grosse partie de son énergie. À noter que les sorts magiques utilisent les mêmes munitions que les armes.

Ce que j’aime dans Bloodborne c’est qu’il faut apprendre avec panache à prendre des risques. En effet on peut regagner de la vie en jouant agressif si pendant le petit laps de temps où on a été blessé , on rend la monnaie de sa pièce à son agresseur. On est alors tenté de foncer et bourriner mais il faut savoir  lâcher la pression et  fuir pour mieux se régénérer avec une potion tranquillement. Ne pas confondre vitesse et précipitation qui mèneraient au Game Over.

En parlant de Game Over, je suis mort des dizaines de fois au début, car je n’avais  trouvé ni mon arme de prédilection et ni mon style de combat.

Mais j’ai pu trouver le bonheur au bout de la manette. En effet, mon style je n’ai pas eu à le chercher bien loin. Vous connaissez Gatsu dans le manga ou l’animé BERSERK ?

« Qui veut élever en un instant une flamme puissante commence par l’allumer avec de faibles brins de paille. »

J’étais enragé comme Gatsu le héros Berserk à chaque défaite et chaque guet-apens dans la forêt ou les ruelles de Yharnam. J’enchaînais les assassinats en masse. C’est simple j’étais en train de danser et je n’ai pas eu honte de dire que j’adorai voir ma danse de la mort se terminer avec l’explosion du cadavre du boss de fin de niveau. Quel plaisir de tourner autour de son adversaire et d’effectuer une roulade dans un timing parfait pour passer dans son dos et l’enchaîner ensuite.

 À chaque fois que je mourrais, jamais, mais alors jamais je ne me disais que c’était le jeu qui trichait ou la caméra qui m’a arnaqué.
Chaque mort et chaque défaite, c’était la rage de devenir meilleur et d’apprendre de ses erreurs. Chaque partie donnait  le sentiment de devenir meilleur et de perfectionner  son style de combat.
Ce sentiment de puissance et de progression, ce sentiment d’avoir bien fait son travail et d’avoir été récompensé dans ses efforts. Quand un boss me donnait du fil à retordre, cela tournait tellement à l’obsession que je retournais parcourir les anciennes zones du jeu pour monter en niveau et améliorer mes combos et mon style.

« Where the Wild Things Are »

Bloodborne ne serait rien sans son bestiaire fabuleux. La plupart des boss sont de toutes beautés avec le thème musical qui les accompagne pour chacun. Sans vouloir vous spoiler, vous vous souviendrez d’eux rien que par leurs noms. Vous détestez les corbeaux et les chiens dans les premiers Resident Evil? Ceux de Bloodborne vous dégoûteront. Vous rencontrerez même des ennemis idiots inoffensifs. Chez From Software, l’humour est absurde et vous vous surprendrez à trucider des papys inoffensifs en chaises roulantes armés d’un vieux lance-flamme.

 « You’ll never walk alone »

Que serait un jeu de rôle sans de bons PNJ (Personnage non-joueur) ? Certains se mettront au travers de votre chemin. Certains vous ne les rencontrerez jamais, car vous aurez oublié de faire leurs quêtes annexes. Certains seront tués par vos mains à votre grand regret, car il aurait pu  vous offrir un objet important…D’ailleurs, j’ai trouvé que les meilleurs niveaux de Bloodborne étaient les quêtes secondaires avec son lot de PNJ et de Boss mémorables. Vous vous souviendrez de la cinématique classieuse pour accéder au château de Cainhurst Castle…Vous serez surpris du comportement de certains certains PNJ que vous aurez sauvés et la façon dont ils interagissent entre eux. (Oui ça peut partir en vrille d’une force…).

Mon premier run de Bloodborne a duré 60h. J’ai fini le jeu au niveau 160. Autant dire qu’à la fin du jeu, j ai écrasé le monde de toute ma rage et le dernier boss je n’en ai fait qu’une bouchée. Je pense que beaucoup on finit Bloodborne en moins de 30h et en ne dépassant par le niveau 60. Mais j’ai pris mon temps de monter en niveau et de visiter Yharnam en n’hésitant pas à revenir sur mes pas. À chaque partie terminée, on peut refaire le jeu en New Game + avec son personnage et sa progression précédente.  Mais les ennemis deviennent plus difficiles à abattre à chaque fois.

« Lorsqu’elle s’enfuit, la route est la seule amante qui vaille la peine d’être suivie. »


Avec son gameplay nerveux et exigeant à la fois, on apprend toujours à progresser dans les combats et à visiter la ville de Yharnam d’une autre manière. Le début est douloureux et vous allez détester mourir. Mais vous progresserez et vous apprendrez à comprendre votre environnement. Une fois l’aventure terminée, vous aurez l’impression de n’avoir rien vu dans le jeu. Mais vous y retournerez avec plaisir pour en découvrir plus. Plonger dans l’inconnu. Affronter des galères. Rencontrer de nouvelles personnes. Sortir de sa zone de confort et apprendre de nouvelles compétences. N’est-ce pas l’essence même du voyage parfait? 

 

Sur la route jusqu’au bout de la nuit…